« Tous les pays qui n’ont plus de légende
Seront condamnés à mourir de froid »
(Patrice de La Tour du Pin)
Charles-quint à Beaumont, légende ou réalité ?

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L’Empereur a pris soin de préparer sa succession. En imposant en 1548 la Transaction d’Augsbourg et l’année suivante la Pragmatique Sanction, Charles a fait des XVII Provinces, jusque là indépendantes les unes des autres, un seul et même Etat, indivisible et transmissible par succession héréditaire. Selon ses vœux, par conséquent, les provinces qui forment aujourd’hui le Bénélux devraient rester durablement unies, malgré leurs différences de langues, de religions, de mentalités. Un bloc dressé comme une barrière contre la France, l’éternelle rivale.
C’est à son fils Philippe qu’il compte en laisser la direction. Celui-ci a alors 22 ans. A la différence de son père né à Gand et élevé chez nous, Philippe a reçu une éducation espagnole et n’a pour ainsi dire jamais quitté l’Espagne. Il connaît mal les Pays-Bas, il en ignore les coutumes et le caractère. Il ne parle ni le français ni le flamand. Son tempérament plutôt distant, froid, contraste avec la jovialité légendaire de Charles Quint. C’est un jeune homme un peu guindé, peut-être timide, en tout cas peu démonstratif.
L’Infant Philippe doit donc être présenté à ceux qui seront bientôt ses sujets et qui ne le connaissent pas encore.
Il quitte l’Espagne fin 1548. Par l’Italie et l’Allemagne, il gagne les Pays-Bas. Il entre à Namur en grandes pompes le 29 mars 1549. Le 1er avril, il est accueilli à Bruxelles par son père Charles Quint. En juillet, tous deux visitent les villes des Pays d’Embas : Louvain, Gand, Bruges, Ypres, Lille, Tournai, Arras et Valenciennes. Viennent ensuite Landrecies, Chimay, Mariembourg et… Beaumont où Charles et son fils sont reçus par le Comte Charles de Croy, le 21 août 1549… Ils passeront la nuit au château comtal, disparu aujourd’hui presque totalement. C’est à ce moment que l’Histoire devient une Légende…